Partager l'article ! Mardi 26 janvier - vendredi 29 janvier ¡ cabotage cubano: Mardi 26 janvier Santiago (Cuba) – Chivirico (Cuba)& ...
Marin, Elise et Acquadoria

Mardi 26 janvier
Santiago (Cuba) – Chivirico (Cuba) : 30 miles

Au loin, l ecole primaire de Chivirico
On quitte Santiago et notre marina si sympathique et les enfants disent au revoir à leurs amis danois avec qui ils ont passés les 2 derniers jours à jouer. Nous nous dirigeons vers los Jardines
de la Reina, petit archipel complètement sauvage et préservé au large des côtes cubaines. Comme la route est longue jusqu’à là-bas, nous décidons de la couper par 3 escales.
1er jour : escale à Chivirico, petit village de 4000 habitants au pied des montagnes (la Sierra Maestra) et au bord d’une petite lagune complètement protégée. Pour y arriver, nous longeons la côte bordée par la Sierra Maestra, c’est majestueux et ça nous fait penser par moment au Nord Ouest de la Corse. L’arrivée au mouillage un peu délicate ne peut se faire qu’à l’aide du guide nautique car la baie n’est pas cartographiée. C’est là que l’on se rend compte que l’on a pris de sales habitudes avec les GPS. Voici un passage de ce guide nautique sur lequel nous nous sommes longtemps penchés avant notre arrivée : « en approchant du lagon, on trouve sur ce plateau de nombreuses zones de coraux extrêmement dangereuses, la plupart du temps on passe d’un coup de 5-10 mètres à quelques cm ! Le chenal passe entre les récifs et va quasiment jusqu’à la côte rocheuse puis fait un brusque virage pour continuer parallèle à la côte et se diriger vers un passage étroit entre le récif et le rivage. Même si la houle a tendance à diminuer en approchant du rivage, il faut avoir le cœur bien accroché ! La situation est compliquée par le fait que l’entrée du lagon n’est pas visible du large. Même de tout près on ne le voit qu’à la dernière minute : il faut résister à la tentation « d’y aller et on verra bien » tant que vous n’êtes pas absolument certain d’être au bon endroit, sinon vous courez le risque de vous écraser sur les coraux. Tout cela bien en tête, il vaut mieux faire son approche de la baie en partant d’un point assez large – sûrement pas plus près que 19°57’N 76°23’6W. De là vous pourrez distinguer la petite structure métallique du feu antérieur de l’alignement d’entrée du chenal, mais de jour vous aurez du mal à voir le feu postérieur, qui ne se distingue qu’à travers une étroite trouée faite dans les arbres. Par contre vous pourrez voir un arbre touffu, vert foncé, sur la colline au dessus du feu antérieur. Vous devez le garder aligné avec le feu antérieur jusqu’à ce que vous puissiez voir le feu postérieur de l’alignement lui-même. Vous devez aligner le feu et l’arbre sur un relèvement de 337° et contrôler sans cesse ce relèvement pour compenser une éventuelle dérive due au courant. De nuit vous pourrez voir les feux, mais le secteur postérieur est très étroit pour vous tenir à l’écart du récif. En ce qui nous concerne, nous ne tenterions pas une arrivée de nuit ! ».
Voilà, tout est dit mais malgré tout cela on y est arrivé et cela valait le coup car c’est vraiment très mignon ce mouillage. Aussitôt ancrés, les garçons partent à la recherche de quelques légumes. Ce qui n’était déjà pas évident à Santiago, l’est encore moins dans ce coin reculé. Coup de chance, ils tombent sur un camion débarquant des tomates, ce qui leur permet d’en acheter quelques unes. Nos réserves en produits frais sont très minces alors que nous allons passer une semaine dans un coin complètement sauvage. Il va falloir que nous trouvions d’autres combines pour remplir nos placards.
Le temps semble s’être arrêté à Chivirico. Pas de voitures hormis de vieilles jeeps russes et des carrioles à cheval. Nous sommes les seuls touristes et les gens nous dévisagent. D’après radio ponton, il est interdit aux équipages des bateaux de mettre pied à terre mais nous n’avons pas vu pour une fois l’ombre de la Guardia. Un pêcheur nous interpelle dans la rue pour nous demander si nous sommes français. Ravi de notre réponse positive, il nous invite chez lui. Il y a quelques années il s’était lié d’amitié avec un touriste français qui faisait le tour de Cuba en vélo. Depuis ils s’écrivent régulièrement des lettres. Il souhaite nous confier une lettre pour que nous la postions en France. Nous passons un moment très agréable chez lui où il nous présente sa petite famille. Il habite dans une maison « en dur » dans le village mais avant ils habitaient dans une maison en bois qui a été détruite par le cyclone Denis en 2005. La journée il remplit des briquets de gaz pour les vendre et le soir il pêche des éperlans au filet dans la lagune perchés à deux sur une chambre à air de roue de camions ! Sa femme garde des enfants du village.
Mercredi 27 et jeudi 28 janvier

Chivirico (Cuba) – Portillo (Cuba) : 42 miles
Départ pour notre escale n°2 : Portillo. Après une navigation sans problème, nous arrivons à Portillo vers 16h. Là aussi une grande lagune complètement protégée des déferlantes nous accueille dans un décor magnifique : mangrove, montagnes et calme absolu. L’apéro peut commencer ! A la tombée du soleil, nous apercevons au loin une petite barque en bois avec un homme et une femme et bien-sûr c’est la femme qui rame ! C’est la Guardia qui se ramène pour le contrôle des papiers, ça faisait longtemps !!
Après une nuit paisible, les garçons partent à la recherche de légumes (notre obsession, nous avons même abandonné l’idée de trouver des fruits). Pour l’instant à la différence des petites Antilles où l’on trouvait en abondance légumes et surtout fruits délicieux, ici les rares étals que nous voyons présentent quelques tomates, oignons voire poivrons ou oranges. Il est vrai que le climat est beaucoup plus sec et la végétation moins luxuriante. Les garçons sur leur chemin font la rencontre d’un fermier qui les invite chez lui et leur cueille des oignons dans son champs. Puis il les accompagne chez une dame qui les accueille également chez elle et leur donne quelques kilos de tomate. Les garçons veulent payer mais elle refuse catégoriquement. Finalement c’est le tee shirt d’Antoine qui servira de monnaie d’échange !

Nous décidons de faire une nav de nuit pour atteindre los Jardines de la Reina. En partant vers 17h nous pensons arriver vers
8h le lendemain. Nous passons la journée sur un petit ilot carte postale au large de Portillo : sable blanc, eau turquoise etc… Puis au moment de partir, devant un tel paysage, nous décidons
de rester dormir dans le coin et partons nous abriter sur une très belle lagune avec toujours pour décor la Sierra Maestra qui descend dans la mer d’un côté et la mangrove de l’autre. Ce paysage
ce soir-là nous fera penser à l’Auvergne ou au Jura ou encore à l’Irlande !


Demain nous ferons une dernière escale à Cabo Cruz à 30 miles, petit village de pêcheur au bout d’un cap dont les guides en disent le plus grand bien.
Vendredi 29 janvier
Portillo (Cuba) – Cabo Cruz (Cuba) : 30 miles
Antoine nous avait bien dit que prendre la mer un vendredi portait malheur ! Nous sommes partis vers 6H30 souhaitant profiter de l’après-midi pour découvrir Cabo Cruz. Tout d’abord pas de vent et une énoooorme houle (environ 5 mètres de creux) puis 20-25 noeuds et toujours cette très inconfortable grosse mer. L ‘arrivée à Cabo Cruz doit encore se faire à l’aide du guide nautique car l’endroit n’est pas cartographié pour des raisons que nous pensons militaires (voir l’histoire des 2 avions américains abattus par Cuba en 1996). L’arrivée est annoncée très très chaude surtout avec de la houle !! Effectivement ce fut très très chaud : une petite passe entre 2 barrières de corail sur lesquelles passaient de très grosses déferlantes : on est passé de 200 m de profondeur à 5 m d’un seul coup ! L’eau bleu foncée a viré au bleu turquoise en 2 temps 3 mouvements, ce qui nous a longuement fait hésiter sur l’emplacement exact de la barrière de corail. Malgré tout ça, il fallait garder notre sang froid et trouver le bon alignement sur le chenal d’accès très étroit avec un bateau qui marchait en crabe dû au très fort courant. On a fini par y arriver, on a donc sorti notre annexe et on s’est dirigé lentement mais sûrement (un fort courant nous freinait) vers le village. Et là, sur la mer, amer déception, Cabo Cruz ne voulait pas de nous. La Guardia nous attendait et avant même que l’on puisse amarrer l’annexe nous a demandé de regagner notre bateau car il était interdit aux équipages de mettre pied à terre ! On a tout essayé : incompréhension et air benêt du touriste en goguette, caliméro, fronçage de sourcil etc… Rien n’a marché et nous sommes repartis tout penauds sur Acquadoria. Cuba c’est comme ça, ça se mérite…