Oukilé ?

Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 03:38

 Trinidad

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Retour à la civilisation après ces quelques jours passés avec les barracudas. Nous arrivons après une navigation quelque peu mouvementée sous les grains à la marina de Casilda située à quelques kilomètres de la ville de Trinidad. La marina est un endroit perdu au milieu de la mangrove avec des vieux catas fantômes censés servir à promener les touristes sur les îlots voisins et 2 bateaux que nous avions déjà rencontrés à Santiago (à croire que nous sommes 3 bateaux étrangers en tout et pour tout à visiter Cuba).

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Tout est un peu brinquebalant. Les garçons s’arrachent les cheveux pour faire le branchement électrique d’autant plus que notre fameux guide nautique nous avait prévenus sur les risques que l’on prenait : «Toutes les marinas fournissent le courant au quai mais généralement il n’y a ni boitier de connexions ni prise digne de ce nom. Les connexions laissent donc à désirer, avec des polarités inversées et/ou pas de prise de terre. Même si le système semble fonctionner à bord, il y a souvent un risque de danger mortel, aussi bien à bord, qu’en nageant autour du bateau ! Enfin, on avertira les enfants de ne pas s’approcher des boitiers électriques (la plupart ne sont pas fermés et cela est vrai aussi pour l’éclairage des rues et la plupart des systèmes électriques publics)».

Résultat, les garçons ont finalement trouvés un boitier qui fournissait un courant pas très bien régulé…(140V-390V) au moment de leur branchement de fortune, la ville de Trinidad a connu une coupure d’électricité généralisée dont l’origine reste mystérieuse !!

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Nous partons ensuite à la découverte de la ville et nous laissons le Guide du Routard en parler car ils ont merveilleusement résumé nos impressions :

 

« Mira ! Ici à Trinidad, on ne peut s’empêcher de commencer cette phrase par ce mot. Avec ses maisons basses, ses façades pastel et ses rues pavées à l’ancienne, Trinidad renvoie aux images qu’on peut avoir de l’époque d’avant l’automobile. La plus belle ville du pays se mérite, il faut y rester plusieurs jours, s’imprégner de l’atmosphère. Quand, à l’heure de la novela (feuilleton télé), les portent s’ouvrent pour faire rentrer un peu de fraicheur, ces superbes vestiges de l’époque colonial se révèlent aux yeux des rares passant et apparaissent soudain dans toute leur splendeur fatiguée.»

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Nous avons encore rencontré des cubains très chaleureux et accueillants : chauffeurs de taxi, personnel de la marina et notamment une famille chez qui nous sommes allés dîner 2 soirs et nous avons fait laver notre linge : cette maison n’était tenu que par des femmes, nous n’avons pas vu l’ombre d’un homme et toutes les générations étaient représentées : grand-mère, filles, petites filles.

 

Nous sommes aussi allés visiter la vallée de los ingenios (moulins à sucre), voyage dans le temps à l’époque des plantations de cannes à sucre et des esclaves.

 

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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 19:57

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Cabo Cruz (Cuba) – Archipel de los Jardins de la Reina (Cuba)
  
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Nous partons de Cabo Cruz pour cet archipel perdu au large des côtes cubaines.  On est à environ 80 miles de la côte et la profondeur de la mer n’est que de 10 à 20 mètres, c’est assez étonnant comme phénomène et parfois inquiétant. Mais c’est très confortable pour la navigation : enfin nous naviguons dans une mer calme, on a l’impression d’être sur le lac Léman, la raclette en  moins (mmmh, ça nous donne faim cette idée de raclette !). L’archipel est constitué d’un nombre impressionnant de petites îles (appelés cayos) dont certaines sont entourées de barrières de corail (à surveiller !!). La navigation est parfois délicate car il faut suivre un chenal assez étroit et rien n’est raiment cartographié. Les mouillages sont tous aussi calmes les uns que les autres. Nous sommes seuls au monde dans cet espace qui malgré tout est assez vaste. Je crois qu’après ça on aura du mal à apprécier les mouillages plus fréquentés des côtes des Caraïbes que nous avons visitées précédemment. 
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Les fonds sont des aquariums géants tant il y a de poissons et de coraux de toutes les couleurs et de toutes les formes. Les garçons se sont lancés dans la pêche à la langouste supportés de loin mais gaiement par les enfants. La pêche se fait à l’aide d’un fusil harpon que nous avions acheté à un pêcheur à Santiago. Premier essai, premier succès : 5 langoustes sont ramenées à bord et finiront dans un délicieux plat de pâtes … aux langoustes.  Puis nous aurons pizza aux langoustes, langoustes sauce agrume, salade de langoustes etc…  Antoine est un fin pêcheur de langoustes, il les repère à 3 milles à la ronde et peut rester 10 h dans l’eau tant que il n’a rien au bout de son fusil ! Heureusement que les barracudas sont là pour nous le sortir de l’eau. En effet nous avons croisé  de beaux spécimens dans les lagons, certains faisaient jusqu’à 2 mètres. Nous avons lu dans notre guide sur les poissons du coin que le barracuda était une espèce dangereuse, ce qui ne nous a pas du tout rassuré . De plus d’après radio ponton, un type se serait fait rapatrier d’urgence des Jardins de la Reine mordu gravement par un barracuda. Il paraît même que c’est plus dangereux qu’un requin. Alors comme nous sommes courageux mais pas téméraires, dans nos longues plongées dans les lagons des Jardins de la Reine, on était un peu aux aguets. Surtout qu’à chaque fois ils se mettent en face de nous sans bouger et nous regardent avec leur bouche semi ouverte pleine de dents ! On a essayé plusieurs techniques : la technique de plus on est plus on est gros : donc on se colle tous les 5 devant le barracuda pour former comme un énorme poisson bien plus gros que lui et on fait GRRRRR en le regardant droit dans les yeux ou encore en chantant dans nos tubas la chanson de Claude François « barracuda » avec une bonne chorégraphie ou encore la technique du courage fuyons qui consiste à vite remonter dans l’annexe mais bien sûr en continuant à le regarder car il paraît qu’il ne faut JAMAIS leur tourner le dos.

 

Bon heureusement qu’il y a aussi une multitude d’espèces inoffensives et très belles, voici la liste de ce que nous avons vu et que les enfants ont réussi à identifier grâce à leur guide : 

 

Raies pastenagues (dont une vraiment très très grosse et magnifique),  cardinals, gorettes des vierge, perroquets feu tricolore, perroquets à bande rouge, anges français, anges royaux, anges des caraïbes, langoustes, murènes, mérous, papillons à bande, poissons Picassos, thazards, carangues franches, demoiselles 3 points… Et bien d’autres encore que nous n’avons pas pu identifier mais que l’on a longuement admirés. On est vraiment impressionnés par l’abondance de la faune sous marine.

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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 19:02

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Mardi 26 janvier

 

Santiago (Cuba) – Chivirico (Cuba) : 30 miles

 

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Au loin, l ecole primaire de Chivirico

On quitte Santiago et notre marina si sympathique et les enfants disent au revoir à leurs amis danois avec qui ils ont passés les 2 derniers jours à jouer. Nous nous dirigeons vers los Jardines de la Reina, petit archipel complètement sauvage et préservé au large des côtes cubaines. Comme la route est longue jusqu’à là-bas, nous décidons de la couper par 3 escales.

 

1er  jour : escale à Chivirico, petit village de 4000 habitants au pied des montagnes  (la Sierra Maestra) et au bord d’une petite lagune complètement protégée. Pour y arriver, nous longeons la côte bordée par la Sierra Maestra, c’est majestueux et ça nous fait penser par moment au Nord Ouest de la Corse. L’arrivée au mouillage un peu délicate ne peut se faire qu’à l’aide du guide nautique car la baie n’est pas cartographiée. C’est là que l’on se rend compte que l’on a pris de sales habitudes avec les GPS. Voici un passage de ce guide nautique sur lequel nous nous sommes longtemps penchés avant notre arrivée : « en approchant du lagon, on trouve sur ce plateau de nombreuses zones de coraux extrêmement dangereuses, la plupart du temps on passe d’un coup de 5-10 mètres  à quelques cm ! Le chenal passe entre les récifs et va quasiment jusqu’à la côte rocheuse puis fait un brusque virage pour continuer parallèle à la côte et se diriger vers un passage étroit entre le récif  et le rivage. Même si la houle a tendance à diminuer en approchant du rivage, il faut avoir le cœur bien accroché ! La situation est compliquée par le fait que l’entrée du lagon n’est pas visible du large. Même de tout près on ne le voit qu’à la dernière minute : il faut résister à la tentation « d’y aller et on verra bien » tant que vous n’êtes pas absolument certain d’être au bon endroit, sinon vous courez le risque de vous écraser sur les coraux. Tout cela bien en tête, il vaut mieux faire son approche de la baie en partant d’un point assez large – sûrement pas plus près que 19°57’N 76°23’6W. De là vous pourrez distinguer la petite structure métallique du feu antérieur de l’alignement d’entrée du chenal, mais de jour vous aurez du mal à voir le feu postérieur, qui ne se distingue qu’à travers une étroite trouée faite dans les arbres. Par contre vous pourrez voir un arbre touffu, vert foncé, sur la colline au dessus du feu antérieur. Vous devez le garder aligné avec le feu antérieur jusqu’à ce que vous puissiez voir le feu postérieur de l’alignement lui-même. Vous devez aligner le feu et l’arbre sur un relèvement de 337° et contrôler sans cesse ce relèvement pour compenser une éventuelle dérive due au courant. De nuit vous pourrez voir les feux, mais le secteur postérieur est très étroit pour vous tenir à l’écart du récif. En ce qui nous concerne, nous ne tenterions pas une arrivée de nuit ! ».

 

Voilà, tout est dit mais malgré tout cela on y est arrivé et cela valait le coup car c’est vraiment très mignon ce mouillage. Aussitôt ancrés, les garçons partent à la recherche de quelques légumes. Ce qui n’était déjà pas évident  à Santiago, l’est encore moins dans ce coin reculé. Coup de chance, ils tombent sur un camion débarquant des tomates, ce qui leur permet d’en acheter quelques unes. Nos réserves en produits frais sont très minces alors que nous allons passer une semaine dans un coin complètement sauvage.  Il va falloir que nous trouvions d’autres combines pour remplir nos placards.

Le temps semble s’être arrêté à Chivirico. Pas de voitures hormis de vieilles jeeps russes et des carrioles à cheval. Nous sommes les seuls touristes et les gens nous dévisagent. D’après radio ponton, il est interdit aux équipages des bateaux de mettre pied à terre mais nous n’avons pas vu pour une fois l’ombre de la Guardia. Un pêcheur nous interpelle dans la rue pour nous demander si nous sommes français. Ravi de notre réponse positive, il nous invite chez lui. Il y a quelques années il s’était lié d’amitié avec un touriste français qui faisait le tour de Cuba en vélo. Depuis ils s’écrivent régulièrement des lettres. Il souhaite nous confier une lettre pour que nous la postions en France. Nous passons un moment très agréable chez lui où il nous présente sa petite famille. Il habite dans une maison « en dur » dans le village mais avant ils habitaient dans une maison en bois qui a été détruite par le cyclone Denis en 2005. La journée il remplit des briquets de gaz pour les vendre et le soir il pêche des éperlans au filet dans la lagune perchés à deux sur une chambre à air de roue de camions ! Sa femme garde des enfants du village. 

 

Mercredi 27 et jeudi 28 janvier

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Chivirico (Cuba) – Portillo (Cuba) : 42 miles

 

Départ pour notre escale n°2 : Portillo. Après une navigation sans problème, nous arrivons à Portillo vers 16h. Là aussi une grande lagune complètement protégée des déferlantes nous accueille dans un décor magnifique : mangrove, montagnes et calme absolu.  L’apéro peut commencer ! A la tombée du soleil, nous apercevons au loin une petite barque en bois avec un homme et une femme et bien-sûr c’est la femme qui rame ! C’est la Guardia qui se ramène pour le contrôle des papiers, ça faisait longtemps !!

 

Après une nuit paisible, les garçons partent à la recherche de légumes (notre obsession, nous avons même abandonné l’idée de trouver des fruits). Pour l’instant à la différence des petites Antilles où l’on trouvait en abondance légumes et surtout fruits délicieux, ici les rares étals que nous voyons présentent quelques tomates, oignons voire poivrons ou oranges. Il est vrai que le climat est beaucoup plus sec et la végétation moins luxuriante.  Les garçons sur leur chemin font la rencontre d’un fermier qui les invite chez lui et leur cueille des oignons dans son champs. Puis il les accompagne chez une dame qui les accueille également chez elle et leur donne quelques kilos de tomate. Les garçons veulent payer mais elle refuse catégoriquement. Finalement c’est le tee shirt d’Antoine qui servira de monnaie d’échange !

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Nous décidons de faire une nav de nuit pour atteindre los Jardines de la Reina. En partant vers 17h nous pensons arriver vers 8h le lendemain. Nous passons la journée sur un petit ilot carte postale au large de Portillo : sable blanc, eau turquoise etc… Puis au moment de partir, devant un tel paysage, nous décidons de rester dormir dans le coin et partons nous abriter sur une très belle lagune avec toujours pour décor la Sierra Maestra qui descend dans la mer d’un côté et la mangrove de l’autre. Ce paysage ce soir-là nous fera penser à l’Auvergne ou au Jura  ou encore à l’Irlande !

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Demain nous ferons une dernière escale à Cabo Cruz à 30 miles, petit village de pêcheur au bout d’un cap dont les guides en disent le plus grand bien.

 

Vendredi 29 janvier

 

Portillo (Cuba) – Cabo Cruz (Cuba) : 30 miles

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Antoine nous avait bien dit que prendre la mer un vendredi portait malheur ! Nous sommes partis vers 6H30 souhaitant profiter de l’après-midi pour découvrir Cabo Cruz. Tout d’abord pas de vent et une énoooorme houle (environ 5 mètres de creux) puis 20-25 noeuds et toujours cette très inconfortable grosse mer. L ‘arrivée à Cabo Cruz doit encore se faire à l’aide du guide nautique car l’endroit n’est pas cartographié pour des raisons que nous pensons militaires (voir l’histoire des 2 avions américains abattus par Cuba en 1996). L’arrivée est annoncée très très chaude surtout avec de la houle !! Effectivement ce fut très très chaud : une petite passe entre 2 barrières de corail sur lesquelles passaient de très grosses déferlantes : on est passé de 200 m de profondeur à 5 m d’un seul coup ! L’eau bleu foncée a viré au bleu turquoise en 2 temps 3 mouvements, ce qui nous a longuement fait hésiter sur l’emplacement exact de la barrière de corail. Malgré tout ça, il fallait garder notre sang froid et trouver le bon alignement sur le chenal d’accès très étroit avec un bateau qui marchait en crabe dû au très fort courant. On a fini par y arriver, on a donc sorti notre annexe et on s’est dirigé lentement mais sûrement (un fort courant nous freinait) vers le village. Et là, sur la mer, amer déception, Cabo Cruz ne voulait pas de nous. La Guardia nous attendait et avant même que l’on puisse amarrer l’annexe nous a demandé de regagner notre bateau car il était interdit aux équipages de mettre pied à terre ! On a tout essayé : incompréhension et air benêt du touriste en goguette, caliméro, fronçage de sourcil etc… Rien n’a marché et nous sommes repartis tout penauds sur Acquadoria. Cuba c’est comme ça, ça se mérite…

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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 15:56

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Santiago (Cuba)

 

Après une nuit quelque peu mouvementée, tout le bateau se retrouve sur le pont au lever du soleil pour contempler le spectacle qui s’offre à nous : la Terre !!! Quel bonheur : les odeurs, le paysage, la mer calme.

 

Pendant ces 5 jours en mer, nous étions seuls au monde mis à part quelques cargos fantômes au loin. Nous n’avons croisé ni voiliers, ni bateaux de pêches, seulement des dauphins et une dorade dans nos lignes de traîne (et nos estomacs) et nous ne pouvions qu’imaginer les côtes des différentes îles traversées.

 

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Vince apres notre nuit mouvementee !

Nous sommes arrivés vers 9h00 à la marina de Santiago située à quelques kms du centre dans un endroit calme et très bien abrité tout au fond d’une baie. La mer d’huile nous a laissé envisager une nuit paisible et divine, on en a l’eau à la bouche ! Santiago est la 2e ville de Cuba et la marina ne se compose que d’un seul quai auquel sont amarrés 5 voiliers dits de grand voyage (on les reconnaît avec leurs éoliennes et panneaux solaires) et là, nous sommes plongés directement au cœur de l’administration cubaine : nous n’avons pas le droit de descendre de notre bateau tant que les formalités d’entrée ne sont pas effectuées ce qui n’est pas pour nous déplaire : ce sont les autorités qui viennent à nous et non le contraire ! À peine amarré au quai, c’est le défilé :

 

Visite 1 : 2 médecins avec un masque qui nous rappelle la grippe A pour vérifier les maladies qui traînent à bord

Visite 2 : 2 vétérinaires et 1 responsable de l’hygiène pour contrôler les petites bêtes qui trainent et notre hygiène ( !!)

Visite 3 : 1 chef douanier, 2 militaires et 2 maîtres chien à la recherche d’éventuels stocks de drogue. Notre cœur s’est arrêté de battre pendant la fouille des chiens : la paranoïa nous a envahis et on s’est refait midnight express dans notre tête en imaginant quelqu’un de mal intentionné cachant quelques kg de cocaïne dans nos coffres !

Visite 4 : 4 personnes de l’immigration.

 

A chaque fois, l’accueil a été très chaleureux, on a offert des bières qu’ils ont acceptés avec joie, nous ont posé beaucoup de questions sur le voyage et la France et étaient très curieux de tout ce que nous avions dans le bateau : du pot de Nutella au paquet de lentilles. Ils étaient ravis que nous puissions parler et comprendre l’espagnol et en admiration devant les enfants qu’on avait bien briefés avant pour qu’ils baragouinent quelques mots en espagnol et fassent du charme (je dois dire qu’ils sont assez bon en la matière !). Lisette a reçu le qualificatif de « princessita » qu’elle a gardera tout au long de notre séjour à  Santiago.

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L’après midi nous sommes partis à la découverte de Santiago et nous avons été tout de suite sous le charme de cette ville très animée et pleine de vie. Les cubains sont très chaleureux, la vie sociale se passe dans la rue, les vieux assis sur des chaises, les enfants jouent autour et ça discute ferme à la méditerranéenne. Bref, nous sommes conquis.

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Nous décidons de rester 5 jours, ce qui nous permet d’explorer cette ville étonnante. La vie dans la marina est aussi très agréable et très cosmopolite : anglais, français, espagnols, suédois, danois, norvégiens se succèdent avec à chaque fois des parcours et des histoires de vie différents et riches. Les enfants, après 2 jours d’adaptation commencent à s’ouvrir et se lient d’amitié aves des enfants cubains et danois, ce qui leur fait le plus grand bien après ces quelques jours passés uniquement avec des adultes.


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Diner chez l habitant

Après avoir lu et relu nos guides sur Cuba pendant la traversée et appris par cœur son histoire et sa situation politique et économique actuelle, nous tentons in situ d’y voir clair au fur et à mesure de nos rencontres et visites. Pour nous, enfants de la démocratie, ce n’est pas simple à déchiffrer et surtout de se mettre à la place des cubains, ce qui occasionne de nombreux débats sur le bateau très animés !! Une visite du musée de la révolution castriste avec une guide passionnée et très engagée (qui s’est efforcé de faire comprendre aux enfants tous les bienfaits du régime castriste) nous a un peu éclairés sur la façon dont est présentée aux cubains l’histoire de leur pays. A nous de faire preuve de discernement mais ce n’est pas évident.

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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 15:51

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Soper’s Hole(Tortola) – Santiago (Cuba) : 740 miles

 

Je laisse le soin à Vince de raconter notre traversée :

 

Salut à tous,

 

Nous sommes le mardi 19 janvier, il est 10h00 du matin et sommes au large de la pointe sud de la République Dominicaine à quelques miles de la frontière avec Haïti (à 150 km de Port au Prince à vol d'oiseau). Nous avons déjà parcouru 800 km depuis Samedi. Nous avons choisi de faire une route très au large (80 miles de la côte) pour éviter les filets, les pêcheurs, les cargos voire les petites embarcations…

 

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Météo : cela fait maintenant quatre jours que nous sommes partis. Dès notre départ, après une matinée sous les grains, le ciel s'est enfin découvert. L'après midi a été très ensoleillée mais l'alizée était plutôt faiblard. La première nuit et la deuxième nuit ont été pénibles, genre le bateau qui bouge dans tous les sens, la bôme qui couine, la GV qui claque et peu de vent. Heureusement pendant la journée, le vent est présent, ce qui nous permet de rattraper notre retard de la nuit. La nuit dernière a été excellente aussi bien pour les dormeurs que pour le personnel naviguant. Nous avons même claqué les 9,60 nœuds dans les surfs avec un record inégalé à ce jour à 13,3, sensation extrêmement grisante en pleine nuit et parfois inquiétante sous les grains.


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Vie a bord : nous faisons des quarts toutes les deux heures. Après avoir vu beaucoup de voiliers dans les petites Antilles, depuis le large de Porto Rico nous ne voyons plus rien sauf quelques énormes cargos de 300 mètres de long. Heureusement que nous avons un radar et un AIS pour les identifier car il n'y a pas de pleine lune. Cette nuit pendant le quart de Laetitia, un écho radar nous a quelque peu inquiétés car il était sur notre route directe. C'était en réalité un cargo à l'arrêt en pleine mer, va comprendre Charles... Après le petit déjeuner, c'est la douche dans la jupe à l'eau de mer puis savonnage et rinçage à l'eau douce, vive le dessalanisateur ! Jusqu'à midi environ, nous lisons, observons la mer et le ciel. Pendant la nav, l'école est partiellement fermée car ce n'est pas facile de travailler quand ça bouge. Avant hier, l'école, c’était plutôt un spectacle magique dans le Mona Passage avec un banc de dauphins (une vingtaine) qui surfait et sautait dans notre étrave. Ils devaient bien se marrer car ils sont restés 20 minutes. Pour Vanina, nous avons des films et des photos…L'après midi, le personnel naviguant (PNC, désarmement des toboggans, vérification des vis à vis) récupère les heures de sommeil perdues. En milieu d'après midi, nous regardons parfois un film. Le soleil se couche à 17h30, nous nous retrouvons sur le pont supérieur avec "une binouze et des pistaches" en attendant le rayon vert (on l'a vu déjà deux fois, si, si, c’est vrai). Antoine, notre chef cuistot nous prépare un carpaccio de dorade Coryphène pêchée dans la journée, puis tout le monde au dodo. C'est fou ce qu'une journée passe vite. Marin est de moins en moins avec son copain le seau mais tourne au "Mer Calme". Elise mange comme une lionne. Laeti a eu un passage à vide pendant 2 jours, l’allure vent arrière ne lui réussit pas trop.

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5e nuit depuis notre départ : le Captain Atoll a-t-il pété un plomb ?

Nous accusons un peu la fatigue des quarts et du roulis permanent dû au portant. Les enfants nous étonnent de leur capacité à endurer 5 jours de nav sans broncher et sans pouvoir faire grand-chose. Nous passons au large de la baie de Port de au Prince, de loin tout paraît calme mais nous imaginons la détresse et la douleur de la population haïtienne. Martine nous a appelés via le téléphone satellite ce matin pour nous dire qu’il y avait eu une nouvelle réplique.

Il nous reste 120 miles pour arriver à Santiago de Cuba. Les fichiers météo prévoient 5 nœuds d’Est. Le soleil vient de se coucher et nous sommes au travers sur une mer enfin calme. Super moment après 5 jours de vent arrière et une grosse houle permanente et irritante. Laetitia prend son premier quart à 20h00 jusqu’à 22 heure, 13 nœud de vent, conditions idéales. Je prends le quart suivant et nous sommes un peu près à mi–parcours dans le passage « passo des los vientos » (passage des vents) situé entre Haïti et Cuba. Le vent commence à monter doucement mais surtout avec une sale houle de l’atlantique qui déferle. A 23 heures, je réveille Antoine pour lui dire qu’on trace à plus de 8 nœuds et qu’il faudrait prendre un ris car ça commence à taper sérieusement. Il sort de sa couchette l’air hagard, regarde le loch et complètement admiratif des performances de son bateau me répond qu’il ne faut toucher à rien, tout est parfait et qu’on peut tenir le génois et la GV jusqu’à 20 nœuds de vent. Il m’accompagne pour la fin du quart et reste en extase devant tant de puissance !

A l’intérieur du bateau, autant vous dire que ça commence à taper de plus en plus fort. Les livres, la vaisselle, les fruits, le larousse Gastronomique de 1000 pages commencent à voler dans le carré. Plus personne ne peut dormir. Marin dort dans sa couchette avec son seau dans les bras. Tout déplacement devient de plus en plus acrobatique et incertain.

A près de 9 nœud de moyenne, plus de 23 nœud de vent établis et le bateau qui pioche dans tous les sens, je redis plusieurs fois de suite  pour sortir en douceur Antoine de son état hypnotique « à mon avis, il faudrait qu’on prenne un ris car c’est en train de monter, on ira aussi vite avec un ris dans la GV ». Dans un grognement, Antoine me répond que tout est bien comme ça, on ne touche à rien et repart dans son monde de vitesse et de rêve !!

Il est minuit et je descends dans ma couchette pour essayer de dormir. Dans le carré, c’est Beyrouth. Le bateau file en permanence à 10 nœuds dans un vacarme terrible surtout à l’intérieur. On commence à faire des petits départs au lof, heureusement corrigé par un très bon pilote automatique. Laetitia passablement énervée me dit : « alors, vous le prenez quand ce ris ?? »

Je lui explique qu’Antoine pense que les vagues sont dues au passage et qu’un fois sous le vent de Cuba, ce sera terminé. Au bout de 15 minutes, Laetitia bondit de sa couchette pour hurler : « maintenant ça suffit, on prend un ris tout de suite, je n’en peux plus !! »Antoine sort de son extase, shooté par la vitesse d’Acquadoria et capitule devant sa sœur en furie.

Tout le monde sur le pont, on prend enfin ce ris puis laissons Antoine en plein délire d’excès de vitesse aquatique. Antoine finira par admettre qu’on va aussi vite avec 1 ris.

Comme le vent continu de monter, je rejoins Antoine dans le cockpit. Je réussis même à lui faire prendre un 2eme ris, ce qui est incroyable ! Je crois qu’il est enfin revenu sur terre.

A 02h00 je prends la place du quart de Laeti et reste de quart jusqu’au lever du jour. La fin de la nuit devient plus calme avec 12 nœuds de vent.

A 5heures du matin, la fatigue arrivant, c’est à mon tour de délirer. Nous sommes à 10 miles de Cuba et je vois 4 énormes spots pointés sur Acquadoria en pleine mer devant le bateau. Il n’y a aucun écho Radar et AIS. Je regarde la carte : pas de bouées, de phares… Je commence à me faire des films : attaque de pirate, demande de rançon, intervention du GIGN !! Finalement, en se rapprochant, nous constatons que c’est en réalité les spots de l’aéroport de Santiago… 

07 h 00, PNC à vos portes, notre atterrissage est proche, veuillez attacher vos ceintures, la compagnie ACQUADORIA espère que vous avez passé un agréable voyage et espère vous revoir prochainement sur ses lignes.

09h20, nous amarrons le bateau dans la marina de la 2e ville Cubaine. Nous avions estimé en début de parcours une arrivée à 9h00 et nous avons passé le fort situé à l’entrée de la Marina avec un retard de 2 mn, la classe !

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La marina est un unique ponton avec 6 bateaux de Voyage. L’endroit est superbe et nous change des Antilles et de leurs marinas hallucinantes.

Bilan : 740 Miles en 5 jours et 5 nuits à 6,1 nœuds de moyenne dont 95% à la voile.

 


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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 00:46

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Road Harbour (Tortola) – Mosquito Island (Virgin Gorda) : 17 miles
Mosquito Island (Virgin Gorda) – Sopers Hol (Tortola): 22 miles

 

Mercredi après midi nous quittons enfin Road Harbour sous  le doux ronronnement de notre moteur qui fonctionne à merveille. C’est un comble pour un bateau à voile de se réjouir du bruit du moteur !

Au large de Tortola, surprise : après les dauphins en captivité du delphinarium, nous avons l’immense plaisir d’en voir des vrais de vrais qui s’amusent un petit moment avec Acquadoria dans les vagues d’étrave. Moment magique pour tout le monde, les enfants sont presque prêts à sauter à l’eau pour aller nager avec eux !!!

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Nous partons à la découverte de Virgin Gor
da et mouillons au pied d’une barrière de corail, dans un endroit complètement sauvage.  Le lendemain nous explorons les environs tranquillement puis vendredi matin nous décidons de dormir au nord ouest de Tortola afin de nous rapprocher au plus près de notre route qui nous mènera à Cuba. Et là, on découvre qu’il peut pleuvoir et faire frais dans les Caraïbes puisque des trombes d’eau nous accompagnent tout au long de la traversée. On sort enfin nos cirés tout beaux, tout propres,  un joli petit vent de 30 nœuds nous permet de filer en vent arrière jusqu’à notre point d’arrivée. Nous nous rendons compte que nous sommes presque les seuls à n’utiliser que la voile (avec un joli ciseau de trinquette et de génois) alors que les bateaux autour de nous sont soit au moteur soit au moteur + voiles. A 30 nœuds, c’est bizarre, non ?

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Ce soir, c’est notre dernier soir aux BVI que nous avons bien appréciées. Du coup pour fêter ça, on va dîner dans le pub local. Demain, nous partons pour la Grande Traversée : 750 miles non stop jusqu’à Cuba. Nous nous sommes longtemps posés la question de la route à prendre : le Nord ou le Sud, that is the question ? Le Nord est plus court mais il y a plus de risque de houle et de gros coup de vent. Le sud est plus long mais moins de risque de houle et de coup de vent. On choisit la sécurité et on prend la route du sud : on passera au large de Puerto Rico, la République Dominicaine, Haïti (nous aurons une pensée très forte pour les habitants de cette île et ce qu’ils sont en train de vivre) puis également la Jamaïque et ensuite une arrivée prévue 5 jours et 5 nuits plus tard à Santiago de Cuba. D’après nos informations, les liaisons internet sont difficiles là-bas, donc nous ne savons pas trop si nous pourrons continuer à publier régulièrement ce blog.

A dans 5 jours…


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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 14:25

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Road Harbour (Tortola)

Milton est revenu comme prévu et avec son calme incroyable a tout remis en place. Il avait à côté de lui un seau rempli de pièces et de boulons qui a mis un certain temps à se vider mais on a vérifié, il ne restait plus rien ! On a allumé le moteur et l'hélice A TOURNE !!!!! Et là, on a pris conscience de notre chance : grâce à un chauffeur de taxi rencontré par hasard, on a trouvé l'unique super mécano VOLVO des Iles Vierges. Merci Milton !

Maintenant cap, sur Virgin Gorda.

Après le moteur, c'est l'alerte au Tsunami qu'il va falloir gérer ! Apparemment, l'alerte est donné pour la région Cuba, République Dominicaine, Puerto Rico suite au séisme qui s'est produit hier à Haïti. Sachant que nous sommes à 100 km de cette île américaine,  on ne va pas se précipiter dans cette zone (c'est pile notre trajet !) et bien se renseigner avant, donc pas d'inquiétude à avoir à Paris, tout va bien, on vous tient au courant.

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